Pierre Lagacé

Nos ancêtres


Publié le lundi 25 février 2008

Le cercle mystérieux de Ste-Anne...

25 février 1852

 

Ma femme m’a encore averti hier.

 

« Fais attention à ce que tu écris dans tes histoires. Tu vas nous causer des ennuis. »

 

Je crois avoir décelé chez elle un peu d'exaspération.

 

Il faut dire qu’elle n’avait pas apprécié ces deux hommes en complet noir venus cogner à la porte samedi matin.

 

Ça cogne à la porte, et je m’entendais à voir deux ou trois personnes souriantes avec de petits livrets qui nous expliquent...

 

Bon passons, je vois que vous savez de quoi je parle.

 

Non, ces gens avaient plutôt le regard patibulaire dans la figure. Ils portaient même des verres fumés.

 

Bizarre quand même, me dis-je, car le temps était sombre avant que le soleil n'apparaisse pour les obsèques de Rosario.

 

- On peut se parler, dit le patibulaire de droite, un homme imposant et qui imposait le respect.

 

Il semblait le chef des deux.

 

J’ai tout de suite compris que l’affaire était sérieuse et qu’il n’avait ni le goût de rire ni de montrer ses papiers. Ses lunettes suffisaient amplement à lui conférer un air officiel...

 

Il ne s’y prend pas par quatre chemins et va droit au but.

 

Il faut dire que pour se rendre à Ste-Anne, il n’existe que la sinueuse route 335 ...

 

- C’est fini ces histoires d’extraterrestres à Ste-Anne-des-Plaines en 1852, dit-il d'un ton qui dissimulait à peine la menace voilée.

 

- Je suppose que dans ton prochain blogue tu vas nous parler de ce fameux cercle mystérieux...

 

Sur ces mots, il se mordit les lèvres.

 

- Tut, tut... lui dit son acolyte.

 

Je voyais derrière ses lunettes noires qu’il devenait tout blanc

 

Un peu comme Michael Jackson, sauf pour le complet... qui était moins voyant.

 

Il avait trop parlé. Et il le savait.

 

Ses supérieurs dans le Bas-Canada lui feraient payer cher.

 

- Un cercle, dis-je.

 

- Aussi bien, tout vous dire, vous en savez déjà trop, comme le sous-marin...

 

Sur ces mots, je vis le sang couler de ses lèvres.

 

- Tut, tut... lui redit son acolyte.

 

 

C’était en 1852, vers la fin de l’été.

 

L’hiver avait finalement décidé de partir.

 

Le Canadien avait été éliminé en finale de la coupe Stanley en quatre parties. Les oies blanches avaient quitté pour le Sud, sauf une... qui tournait toujours autour de Ste-Anne à la recherche de son compagnon qu’elle avait rencontré dans le ciel le 15 février dernier. Les pèlerins n’étaient pas revenus ni les cauchemars non plus...

 

Quoique...

 

Les gens de Ste-Anne regardaient souvent le ciel, un peu comme les habitants des trois petits villages d’irréductibles Gaulois.

 

François Blouin travaillait donc dans son champ quand il aperçut ces drôles de marques sur le sol...

 

 

 

Au départ, il croyait avoir affaire à des traces d’animaux qui avaient gambadé dans son champ. Il alla donc chercher sa femme Angèle Lacasse pour lui montrer le cercle.

 

Angèle amena avec elle son petit François, âgé de trois ans, et sa petite Marie, âgée d'un an à peine.

 

François avait marié la belle Angèle Lacasse, le 8 juin 1847, à l'église de Ste-Anne. Angèle était la fille d'André Lacasse et Archange Dubé. François était le fils de Joseph Blouin et Angélique Letarte.

 

La semaine dernière,  un homme était passé chez les Blouin avec une grosse boîte noire. Il était gentil et semblait être une personne généreuse. Il leur avait demandé de se tenir immobiles, pendant une longue minute, avec leurs enfants pendant qu'il regardait derrière la grosse boîte placée sur un trépied, la tête recouverte d’un morceau de tissu noir.

 

Étrange...

 

François avait parlé à Angèle de ces étranges visiteurs d’origine asiatique qui avaient envahi le cimetière en février dernier, mais eux avaient de petites boîtes qui projetaient de petits éclairs. Ils demandaient aussi aux gens de se tenir immobiles, mais pas une grosse minute, juste une petite seconde.

 

Leur visiteur n’était pas d’origine asiatique. Il s’était même présenté comme un « généralogiste »... quelque chose qui ressemblait à ça.

 

Il leur avait aussi posé plein de questions sur leur famille et leurs ancêtres. Ils prenaient tout en notes. Il leur avait dit qu’il les reverrait.

 

Drôle quand même... Il avait dit en les quittant : « Bonsoir, au revoir. »

 

Il n’était plus revenu.

 

 

Angèle, tout comme son mari, ne savait quoi dire. C’est là que son mari lui dit :

 

Angèle, reste pas la bouche... (Il entendit au loin sa vache) comme ça dit quelque chose!

 

 

À qui le couple pouvait-il parler du fameux cercle?

 

Sûrement pas aux autres fermières de Ste-Anne. La nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre et affolerait tout le village.

 

On verrait arriver Pierre Guzzo avec sa nouvelle caméra et les pèlerins japonais nous referaient le coup du 15 février 1852.

 

Non merci, dit François... On repassera.

 

La suite... La semaine prochaine

 

À qui confier cette découverte?

    Lundi 25 février 2008

Par: PLagace | Permalien | Ajouter un commentaire | généalogie, histoire, société